Les vins de Bordeaux : on remonte le temps

Bordeaux, l'image même du vin

vigne bordeaux

Le claret médiéval

Paradoxalement, le vint fut connut avant… la vigne : dans la première moitié du Ier siècle avant J.-C. (avant même l'arrivée des légions romaines en Aquitaine), des négociants campaniens commençaient à vendre du vin aux Bordelais. D'une certaine façon, c'est par le vin que les Aquitains ont fait l'apprentissage de la romanité. Au Ier siècle de notre ère, la vigne est apparue. Mais il a fallut attendre la montée sur le trône d'Angleterre d'Henri Plantagenêt, marié à Aliénor d'Aquitaine, pour assister au développement du marché britannique. Le jour de la St Martin (en novembre) une flotte considérable quittait le port de Bordeaux pour livrer en Angleterre le vin de l'année, le claret.

L'essor des châteaux et des crus

Affaiblis sur le marché anglais par le rattachement de la Guyenne à la France, puis par la concurrence des vins d'autres pays et d'autres boissons à la mode (thé, café, chocolat), les vins de Bordeaux retrouvent leur place au début du XVIIIe siècle par l'intermédiaire des new french clarets, des vins aptes au vieillissement grâce à de nouvelles techniques : utilisation du soufre comme antiseptique, clarification par collage, soutirage, mise en bouteilles.

Ces progrès au chai et la constitution des crus par des sélections rigoureuse des terroirs aboutit à l'apogée du XIXe siècle que symbolise, en 1855, le célèbre classement impérial des vins du Médoc et du Sauternais.

 

Surmonter les crises

Dans la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, les maladies de la vigne (oïdium, mildiou et phylloxéra), puis les crises économiques et les guerres mondiales mettent à mal le monde du vin, le point d'orgue étant apporté par le gel de 1956.

 

Un nouvel âge d'or

D'abord timidement à partir des années 1960, puis de façon plus éclatante dans les années 80, la prospérité est heureusement revenue, notamment grâce à une remarquable amélioraiton de la qualité et à l'intérêt porté, dans le monde entier, aux grands vins. Générale dans les années 1980-2000, la prospérité cède la place à une situation plus contrastées avec le changement de millénaire : si l'émergence des vins du Nouveau Monde accroît la concurrence, l'apparition de nouveaux marchés, notamment en Chine, ouvre d'intéressantes perspectives. Mais tous les crus pourront-ils en profiter ?